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Cancer de la prostate : comment aborder les effets secondaires dont on parle peu ?

Publié le 28/10/2026

Les traitements du cancer de la prostate peuvent entraîner des fuites urinaires, des troubles de l'érection ou des changements dans la sexualité. Ces effets secondaires, qui varient selon les traitements et les personnes, peuvent être difficiles à évoquer. Pourtant, en parler avec son équipe soignante permet d'identifier des solutions adaptées. Échanger avec d'autres patients ayant traversé une expérience similaire peut également aider à trouver les mots et à se sentir moins seul.

Parce qu'ils touchent à l'intimité, à la confiance en soi et parfois à la vie de couple, ces changements ne sont pas toujours faciles à aborder. Pourquoi restent-ils tabous ? Comment en parler sans gêne ? Et vers qui se tourner pour trouver du soutien ? 

Dans cet article, nous revenons sur ces difficultés souvent passées sous silence et sur les ressources disponibles pour mieux les vivre.

Quels effets secondaires du cancer de la prostate peuvent bouleverser le quotidien ?

Fuites urinaires : une difficulté parfois difficile à évoquer

Après certains traitements du cancer de la prostate, notamment une chirurgie ou une radiothérapie, des troubles urinaires peuvent apparaître.

Ils peuvent prendre plusieurs formes : petites fuites urinaires, envies pressantes ou fréquentes d'uriner, difficultés à se retenir.

Au-delà de la gêne physique, ces troubles peuvent modifier des habitudes très simples : prévoir ses déplacements en fonction des toilettes disponibles, hésiter à sortir longtemps ou craindre une fuite en public.

Pour certains hommes, devoir porter des protections urinaires peut également être difficile à accepter.

Ces troubles ne sont pas une fatalité et leur évolution varie selon les personnes et les traitements. L'Assurance Maladie rappelle que plusieurs solutions peuvent être proposées, notamment la rééducation périnéale et, selon les situations, d'autres traitements spécifiques. [1]

L'essentiel est d'en parler à son médecin ou à son urologue, même lorsque les fuites semblent peu importantes.

Troubles de l'érection et sexualité : des conséquences qui dépassent le physique

Les troubles de l'érection font également partie des effets secondaires possibles des traitements du cancer de la prostate.

Ils peuvent notamment survenir après une prostatectomie, une radiothérapie ou dans le cadre d'une hormonothérapie. Une baisse du désir sexuel, des changements dans l'éjaculation ou une modification des sensations peuvent aussi être ressentis selon le traitement. [1]

Ces changements peuvent toucher bien plus que la vie sexuelle.

Ils peuvent modifier la relation au corps, la confiance en soi, les moments d'intimité et parfois la manière de se sentir homme.

Une étude publiée en 2024 dans JAMA, portant sur 2 445 personnes suivies pendant dix ans après un diagnostic de cancer localisé de la prostate, montre que les conséquences urinaires et sexuelles diffèrent selon les traitements reçus. La chirurgie était notamment associée à davantage d'incontinence urinaire que la radiothérapie ou la surveillance dans les groupes étudiés. [2]

Tous les hommes ne rencontrent pas les mêmes difficultés. Leur fréquence, leur intensité et leur évolution dépendent de nombreux facteurs.

Il existe aussi des prises en charge pour les troubles sexuels, à discuter avec les professionnels de santé.

Le couple et l'image de soi peuvent aussi être concernés

Il peut être difficile de parler de ces changements à son ou sa partenaire.

Certains hommes craignent de décevoir, de ne plus être désirés ou de ne pas retrouver leur intimité d'avant. D'autres préfèrent éviter le sujet.

Pourtant, l'intimité ne se résume pas à la performance sexuelle.

Le dialogue, la tendresse, les gestes d'affection et le fait de partager ses inquiétudes peuvent aider à préserver la relation, même lorsque la sexualité évolue.

Ces changements ne sont pas toujours faciles à expliquer à son ou sa partenaire. Comme pour d'autres étapes de la maladie, parler de sa maladie à ses proches peut commencer par des mots simples, en exprimant ce que l'on ressent et ce dont on a besoin.

Un accompagnement par un sexologue ou un professionnel formé à la santé sexuelle peut également être proposé.

Pourquoi est-il parfois si difficile de parler de ces effets secondaires ?

Parce que les sujets intimes restent parfois tabous

Parler de fuites urinaires ou de troubles de l'érection peut susciter de la gêne.

Certains hommes peuvent associer ces difficultés à une perte d'autonomie, à une atteinte de leur virilité ou au vieillissement.

Ces représentations peuvent rendre les échanges difficiles, y compris avec les professionnels de santé.

Une revue scientifique publiée en 2024 dans Psycho-Oncology, portant sur 30 études, a identifié plusieurs obstacles à la recherche d'aide pour les troubles sexuels après un cancer de la prostate : la gêne, les représentations de la masculinité, certaines normes culturelles, mais aussi la communication avec les soignants et le soutien du partenaire. [3]

Ce constat rappelle une chose importante : avoir du mal à parler de sa sexualité après un cancer n'est pas une expérience isolée.

Parce qu'on ne sait pas toujours à qui en parler

En consultation, les échanges peuvent être centrés sur les résultats d'examens, l'évolution de la maladie ou les traitements.

Les questions liées à la sexualité, aux protections urinaires ou aux difficultés relationnelles peuvent alors passer au second plan.

Parfois, on attend que le professionnel aborde le sujet. Parfois, on se dit que ce n'est pas suffisamment important pour en parler.

Pourtant, ces difficultés font partie de la qualité de vie et méritent une attention particulière.

Une revue de littérature publiée en 2015 dans European Journal of Cancer Care a analysé 20 publications scientifiques sur les besoins de soutien des hommes atteints d'un cancer de la prostate. Elle met notamment en évidence des besoins d'information, d'accompagnement émotionnel et de soutien concernant l'incontinence et les troubles de l'érection. [4]

Ces besoins peuvent persister au-delà des traitements.

Comment trouver du soutien et oser poser ses questions ?

Commencer par une question simple à son médecin

Il n'est pas nécessaire d'attendre que les difficultés deviennent trop importantes pour en parler.

Quelques phrases peuvent aider à engager la discussion :

  • « Depuis mon traitement, j'ai des fuites urinaires. Quelles solutions existent ? »

  • « Ma sexualité a changé et j'aimerais savoir ce qu'il est possible de faire. »

  • « Je ne me sens plus aussi à l'aise avec mon corps. À qui puis-je en parler ? »

  • « Est-ce normal que ces troubles persistent ? »

Les troubles urinaires et sexuels font partie des sujets que l'on peut aborder pendant le suivi du cancer de la prostate.

Selon les besoins, l'équipe soignante peut proposer une prise en charge adaptée ou orienter vers un kinésithérapeute spécialisé, un sexologue, un psychologue ou un autre professionnel de santé. [5]

Échanger avec un autre homme ayant traversé la maladie

Parfois, parler avec quelqu'un qui a connu un parcours similaire peut sembler plus facile.

Un autre patient peut comprendre certaines interrogations très concrètes : comment parler des protections urinaires, comment aborder un changement dans sa sexualité avec son partenaire ou comment retrouver des repères dans son quotidien.

C'est notamment ce que permet la pair-aidance : échanger avec une personne qui connaît l'expérience de la maladie et qui peut partager son vécu, sans jugement.

C'est ce que raconte notamment Paul, 77 ans, atteint d'un cancer de la prostate. Avant son traitement, il souhaitait mieux comprendre ce que la maladie pourrait changer dans son quotidien, notamment concernant la fatigue, la sexualité et l'image de soi. Dans notre article consacré aux témoignages de patients sur la pair-aidance, il explique comment l'échange avec un pair-aidant lui a apporté un autre regard, complémentaire aux informations médicales.

La revue scientifique de King et ses collègues, publiée en 2015, souligne d'ailleurs que le soutien individuel entre pairs et celui du partenaire figuraient parmi les formes d'accompagnement les plus appréciées dans les études qualitatives analysées. [4]

Cela ne signifie pas que la pair-aidance résout les troubles urinaires ou sexuels. Elle peut en revanche offrir un espace pour parler de ce que l'on vit et prendre du recul.

La pair-aidance chez TOMO : un espace pour parler librement

Chez TOMO, les patients peuvent échanger avec des pairs-aidants sélectionnés, formés et supervisés, qui mobilisent leur expérience de la maladie pour accompagner d'autres personnes.

Ces échanges permettent notamment de parler de sujets personnels ou difficiles à aborder avec son entourage, de partager des expériences et de poser des questions sur le quotidien.

Le pair-aidant n'est pas là pour donner un avis médical ou décider à la place du patient. Son rôle est d'écouter, de partager son vécu avec recul et d'aider chacun à trouver ses propres repères.

La place de cet accompagnement a notamment été abordée lors d'un webinaire organisé par TOMO avec les associations A.R.Tu.R. et CerHom, autour des cancers du rein et de la prostate. Les échanges entre un oncologue, des représentants associatifs et des patients partenaires ont permis de dégager six enseignements sur la place de la pair-aidance en oncologie, notamment sur l'écoute, la formation et la complémentarité avec les professionnels de santé.

Vous avez été concerné par un cancer de la prostate et souhaitez échanger avec quelqu'un qui a traversé une expérience similaire ?

FAQ : cancer de la prostate et effets secondaires


Quels sont les effets secondaires les plus fréquents après un traitement du cancer de la prostate ?

Les effets secondaires possibles comprennent les troubles urinaires, les difficultés d'érection, les changements dans la sexualité et, selon les traitements, la fatigue ou des troubles digestifs. Leur fréquence et leur durée varient selon les patients et les traitements.

Les fuites urinaires après une opération de la prostate sont-elles définitives ?

Pas nécessairement. Certaines fuites s'améliorent au fil du temps, tandis que d'autres peuvent persister. La rééducation et d'autres traitements peuvent être proposés selon la situation. Un avis médical permet d'évaluer les solutions adaptées.

Peut-on retrouver une vie sexuelle après un cancer de la prostate ?

Une vie sexuelle et intime reste possible, même si elle peut évoluer après les traitements. La récupération de la fonction érectile varie selon les personnes. Des prises en charge existent et peuvent être discutées avec l'urologue ou un spécialiste de la santé sexuelle.

À qui parler des problèmes d'érection après un cancer de la prostate ?

Vous pouvez en parler à votre urologue, votre oncologue, votre médecin traitant ou un sexologue. Ces professionnels peuvent évaluer les difficultés rencontrées et proposer des solutions adaptées.

Pourquoi échanger avec un pair-aidant après un cancer de la prostate ?

Un pair-aidant peut apporter une écoute fondée sur une expérience similaire de la maladie. Cet échange peut aider à parler plus librement des changements du quotidien, des émotions ou de l'intimité, en complément du suivi médical.

Conclusion


Après un cancer de la prostate, les effets secondaires ne concernent pas seulement les traitements ou les résultats médicaux. Ils peuvent aussi toucher l'intimité, la confiance en soi et les habitudes du quotidien.

Fuites urinaires, troubles sexuels, difficultés dans le couple : ces sujets méritent d'être abordés. Avec les professionnels de santé, ses proches ou une personne ayant traversé une expérience similaire, il existe différentes façons de trouver une écoute et un accompagnement adaptés.

Sources :

Photo de Candice Salomé

Écrit par Candice Salomé – Directrice Marketing chez Tomo



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