Pourquoi ces besoins comptent dans les parcours de soins
Un parcours de soins est souvent organisé autour du diagnostic, du traitement, du suivi et de la coordination. Pour le patient, une partie du parcours se joue aussi entre ces étapes : comprendre ce qui a été dit, gérer l’attente, organiser son quotidien, anticiper les effets indésirables ou savoir à qui s’adresser.
Un lien avec l’adhérence aux traitements
Une dimension de l’expérience patient
Les repérer permet de ne pas réduire le parcours à ses seules étapes médicales. Cela permet aussi de mieux identifier les moments où une information, une orientation ou un soutien complémentaire peut être nécessaire.
Quels besoins non médicaux repérer ?
Les besoins non médicaux ne sont pas toujours exprimés spontanément. Certains patients n’osent pas poser certaines questions, ne savent pas à qui s’adresser ou pensent que leurs difficultés ne relèvent pas du soin.
Besoin d’information claire
Dans un parcours de soins, une information peut être exacte mais difficile à utiliser si elle arrive trop tôt, trop tard, ou sans lien avec la situation concrète du patient. C’est pourquoi les besoins d’information doivent être analysés au bon moment du parcours : annonce, début de traitement, retour à domicile, changement thérapeutique ou suivi au long cours.
Ces besoins ne nécessitent pas toujours une réponse médicale. Ils peuvent relever d’une orientation, d’un support d’information, d’un échange avec une association, d’un accompagnement pratique ou d’un soutien par une personne ayant vécu une situation similaire.
Besoin de soutien pour formuler ses questions
Repérer ces besoins permet d’aider le patient à mieux préparer ses échanges avec les professionnels. L’objectif n’est pas de remplacer la relation de soin, mais de faciliter l’expression des questions et l’orientation vers les bons interlocuteurs.
Comment mieux intégrer ces besoins dans les parcours ?
Répondre aux besoins non médicaux ne signifie pas ajouter un dispositif à chaque étape. Cela suppose surtout de mieux identifier les moments où un soutien complémentaire est pertinent, puis de l’articuler avec les ressources existantes.
Recueillir l’expérience patient au bon moment
Ces outils ne répondent pas tous à la même question. Un PREM aide à comprendre comment le patient a vécu son parcours. Un PROM renseigne plutôt l’impact perçu sur son état de santé ou sa qualité de vie. Un questionnaire de satisfaction mesure davantage l’écart entre les attentes du patient et son expérience.
Le moment du recueil est essentiel : les besoins ne sont pas les mêmes à l’annonce, au début du traitement, au retour à domicile, lors d’une rechute ou dans le suivi au long cours. Un recueil utile doit permettre de répondre à des questions concrètes : quelle information manque ? À quel moment le patient se sent-il perdu ? Quel relais n’est pas identifié ? Quel besoin revient souvent ? Quelle étape crée le plus d’incertitude ?
S’appuyer sur les patients partenaires dans un cadre défini
Le référentiel invite aussi les équipes à s’appuyer sur des mesures de l’expérience ou de la satisfaction, comme e-Satis, sur l’analyse des verbatims, et, lorsque c’est pertinent, sur les PROMs pour mieux prendre en compte les résultats perçus par les patients.
Le critère 1.4-04 précise enfin que les patients et patients partenaires peuvent contribuer à l’amélioration des pratiques, des organisations et des parcours. L’enjeu n’est donc pas seulement de recueillir les besoins non médicaux, mais de les analyser et de les transformer en améliorations concrètes du parcours.
Mobiliser la pair-aidance
Une revue systématique de revues publiée dans BMC Health Services Research a identifié plusieurs composantes fréquentes du soutien entre pairs dans les maladies chroniques : soutien social, soutien psychologique, soutien pratique, information, encouragement, empowerment, suivi de la maladie et adhésion au traitement.
Dans un dispositif comme TOMO, la pair-aidance est proposée à des moments où le patient peut avoir besoin de parler à quelqu’un qui comprend son vécu : après l’annonce, pendant une période d’incertitude, avant une étape importante du parcours, au retour à domicile ou lorsqu’il se pose des questions qu’il n’ose pas toujours aborder en consultation.
C’est pour cette raison que le cadre est essentiel. Les pairs sont sélectionnés, formés et accompagnés afin de pouvoir partager leur expérience avec recul, adopter une posture d’écoute et respecter les limites de leur rôle. Cette formation permet notamment d’éviter toute confusion avec le suivi médical. Le pair-aidant ne donne pas d’avis thérapeutique, ne se substitue pas aux professionnels de santé et n’intervient pas dans les décisions de soin.
Son rôle est complémentaire : aider le patient à mettre des mots sur ce qu’il vit, à se sentir moins seul, à identifier ses besoins et, lorsque c’est nécessaire, à formuler les questions qu’il pourra ensuite aborder avec son équipe soignante.
Conclusion
Les besoins non médicaux ne doivent pas être traités comme des sujets périphériques. Ils renseignent ce que les patients vivent entre les étapes médicales : compréhension, fatigue, isolement, incertitude, organisation du quotidien ou difficulté à poser certaines questions.
Les données disponibles permettent de formuler un constat prudent : les parcours chroniques concernent un nombre important de patients, l’adhérence aux traitements est multifactorielle, et la qualité de la communication patient-soignant est associée à l’adhésion au traitement. Ces éléments justifient de mieux prendre en compte l’expérience patient, sans en faire une réponse unique à toutes les difficultés du parcours.
Les patients partenaires et la pair-aidance peuvent contribuer à cette démarche, à condition d’être intégrés dans un cadre clair, formé, sécurisé et évalué. L’enjeu est de mieux articuler expertise médicale, accompagnement et expérience vécue au service de parcours plus lisibles et plus utiles pour les patients.
FAQ
Quels sont les besoins non médicaux des patients ?
Pourquoi les besoins non médicaux sont-ils importants ?
Comment identifier ces besoins ?
Quel rôle peut jouer la pair-aidance ?
Sources :
Organisation mondiale de la Santé — Failure to take prescribed medicine for chronic diseases is a massive, world-wide problem
Organisation mondiale de la Santé — Adherence to long-term therapies: evidence for action
Medical Care / PubMed — Zolnierek K.B.H., DiMatteo M.R., Physician communication and patient adherence to treatment: a meta-analysis
Haute Autorité de Santé — Expérience patient et savoir expérientiel : deux notions à clarifier pour développer l’engagement ou la participation
Haute Autorité de Santé — Indicateurs de qualité rapportés par les patients
Haute Autorité de Santé — Partenariat en santé et patients partenaires
BMC Health Services Research / PubMed — Thompson D.M. et al., Peer support for people with chronic conditions: a systematic review of reviews
Haute Autorité de Santé — Certification des établissements de santé pour la qualité des soins — Référentiel, version 2027