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Pair-aidance et cancer : 6 enseignements pour mieux accompagner les patients

Publié le 22/10/2026


À quoi sert la pair-aidance lorsqu'on est atteint d'un cancer ? Quand peut-on échanger avec un patient partenaire ? Et en quoi son expérience est-elle complémentaire de l'accompagnement médical ?

La pair-aidance permet à une personne confrontée à une maladie d'échanger avec quelqu'un ayant vécu une expérience de santé similaire. En oncologie, elle propose un espace d'écoute et de partage autour des questions du quotidien, en complément du suivi médical.

Le 29 septembre 2026, TOMO organisait un webinaire consacré à la place de la pair-aidance dans l'accompagnement des personnes touchées par un cancer du rein ou de la prostate.

Ce temps d'échange réunissait le Dr Ronan Flippot, oncologue médical à Gustave Roussy, Jean-Marc Tahar, vice-président de l'association A.R.Tu.R., Mokhtar, patient et patient partenaire formé par TOMO, et Christian, vice-président de l’association CerHom. 

Au fil des interventions, six enseignements ont émergé pour mieux comprendre le rôle des patients partenaires, des associations et du savoir expérientiel dans les parcours en oncologie.

1. Quand proposer la pair-aidance à une personne atteinte d'un cancer ?


La pair-aidance peut être proposée dès l'annonce du diagnostic, sans nécessairement attendre l'apparition de difficultés.

C'est l'une des convictions exprimées par le Dr Ronan Flippot lors du webinaire.

L'annonce d'un cancer peut soulever de nombreuses interrogations qui dépassent le cadre des consultations médicales. L'image de soi, les relations sociales, la vie familiale, les projets personnels ou encore le retour au travail peuvent devenir des préoccupations importantes.

Le Dr Flippot a notamment souligné que certains patients hésitent à solliciter un accompagnement parce qu'ils ne souhaitent pas déranger.

L'enjeu est donc de faire connaître les possibilités d'accompagnement suffisamment tôt dans le parcours, afin que chacun puisse y recourir lorsqu'il en ressent le besoin.

Cette réflexion rappelle que la pair-aidance ne s'adresse pas uniquement aux personnes traversant une période particulièrement difficile : elle peut être une ressource à différentes étapes de la maladie.

2. Comment l'expérience d'un patient peut-elle aider une autre personne ?


Le partage d'expérience est au cœur de la pair-aidance : il permet de rencontrer une personne ayant traversé une situation similaire, sans supposer que tous les parcours se ressemblent. 

Mokhtar, patient atteint d'un cancer du rein et patient partenaire au sein d'A.R.Tu.R., en a donné un exemple concret.

Après l'annonce de sa maladie, il avait cherché du soutien auprès de ses proches, puis auprès de l'association A.R.Tu.R.

Un simple appel téléphonique lui avait permis d'échanger avec un autre patient, qui l'avait écouté et accueilli. Cette rencontre lui avait fait découvrir l'importance du partage d'expérience entre personnes confrontées à des situations comparables.

Aujourd'hui, Mokhtar est passé de patient accompagné à patient partenaire. Après avoir suivi une formation, il mobilise à son tour son vécu pour écouter et accompagner d'autres personnes.

Son témoignage montre comment une expérience personnelle peut devenir une ressource pour d'autres patients.

Il ne s'agit pas de transposer son propre parcours à celui d'une autre personne, mais de partager ce que l'on a vécu, avec le recul et la posture nécessaires.

3. Pourquoi les associations de patients développent-elles la pair-aidance ?


La pair-aidance prolonge les missions des associations de patients : informer, soutenir, rompre l'isolement et permettre le partage d'expériences.

C'est ce qu'a expliqué Jean-Marc Tahar, vice-président d'A.R.Tu.R., association engagée auprès des personnes concernées par le cancer du rein.

Les associations reçoivent régulièrement des questions et sollicitations très diverses. Certaines peuvent être prises en charge par leurs bénévoles, tandis que d'autres nécessitent une compréhension plus spécifique du vécu des patients.

Pour répondre à ces besoins, A.R.Tu.R. a choisi de développer la pair-aidance avec TOMO.

L'objectif : permettre à des bénévoles de l'association de mobiliser leur expérience personnelle dans un cadre d'accompagnement structuré.

Cette collaboration associe deux expertises complémentaires :

  • Celle de l'association, fondée sur sa connaissance de la pathologie, des patients et de leurs besoins.
  • Celle de TOMO, qui apporte un cadre de sélection, de formation et d'accompagnement des patients partenaires.

La pair-aidance vient ainsi enrichir les possibilités de soutien proposées par les associations, sans remplacer leurs autres missions.

4. Quelle formation faut-il pour devenir patient partenaire ?


Avoir vécu une maladie ne suffit pas à devenir patient partenaire : accompagner une autre personne nécessite des compétences et une posture adaptées.

Mokhtar est revenu sur les différents apprentissages nécessaires à sa pratique. L'écoute active occupe une place centrale : savoir laisser la personne s'exprimer, comprendre ses préoccupations et identifier ses besoins sans porter de jugement.

La formation aborde également la juste distance émotionnelle, la compréhension de l'information en santé, l'orientation vers des ressources fiables et la gestion des situations qui dépassent le rôle du patient partenaire.

Chez TOMO, cette préparation repose sur une formation de 21 heures, complétée par des temps mensuels d'analyse des pratiques. Ces échanges permettent aux patients partenaires de revenir sur les situations rencontrées et de continuer à développer leurs compétences. C'est un point essentiel : la pair-aidance ne se limite pas à deux personnes qui discutent de leur maladie.

Elle repose sur la mobilisation du savoir expérientiel dans un cadre défini, avec des limites et des responsabilités.

5. Quel est le rôle du patient partenaire dans le parcours de soins ?


Un patient partenaire peut aider une personne à exprimer ses préoccupations, identifier ses besoins et préparer les questions qu'elle souhaite poser à son équipe soignante.

Les exemples partagés lors du webinaire, notamment à partir de l'expérience de CerHom, illustrent ce rôle.

Il arrive qu'un patient ait de nombreuses questions avant une consultation, sans toujours parvenir à les formuler clairement.

Parler avec une personne ayant traversé un parcours similaire peut lui offrir un temps d'écoute supplémentaire pour mettre des mots sur ce qu'il ressent. Le patient partenaire peut alors aider à structurer ses interrogations et à identifier les sujets qu'il souhaite aborder avec son médecin.

Il est toutefois essentiel de distinguer les rôles. Le professionnel de santé reste l'interlocuteur pour les questions médicales. Le patient partenaire apporte son expérience vécue, son écoute et une orientation vers des ressources adaptées.

Cette complémentarité était l'un des fils conducteurs du webinaire : les connaissances médicales et le savoir expérientiel ne remplissent pas les mêmes fonctions, mais peuvent contribuer ensemble à l'accompagnement des patients.

6. Le patient partenaire doit-il apporter des solutions au patient ?


Le rôle du patient partenaire n'est pas de décider à la place du patient, mais de l'aider à identifier les ressources et les possibilités qui s'offrent à lui.

Cette distinction a été particulièrement bien illustrée par Mokhtar pendant la session de questions-réponses.

Lors d'un entretien, il cherche avant tout à comprendre ce que vit la personne, les questions qu'elle se pose et les ressources dont elle dispose. L'objectif n'est pas d'imposer une solution, mais de favoriser une réflexion adaptée à sa situation. Cette posture suppose d'écouter sans jugement, de respecter les choix de la personne accompagnée et de reconnaître les limites de son propre rôle.

Le patient partenaire peut partager son expérience, mais celle-ci ne constitue ni une recommandation médicale ni une réponse applicable à tous.

La pair-aidance accompagne ainsi le patient dans son propre cheminement, en respectant son autonomie.


La pair-aidance en oncologie : un accompagnement complémentaire au suivi médical

Les échanges du webinaire ont mis en lumière la complémentarité des différents acteurs qui accompagnent les personnes touchées par un cancer.

Le Dr Ronan Flippot a souligné l'intérêt de pouvoir proposer la pair-aidance dès les premières étapes du parcours.

Jean-Marc Tahar a expliqué comment les associations peuvent s'appuyer sur le vécu de leurs bénévoles pour développer de nouvelles modalités d'accompagnement.

Enfin, le témoignage de Mokhtar a illustré concrètement le passage de patient accompagné à patient partenaire formé.

Ces regards croisés rappellent que la pair-aidance peut offrir un espace d'écoute et de partage d'expérience, en complément de l'accompagnement médical et associatif.


Questions fréquentes sur la pair-aidance en oncologie

Qu'est-ce que la pair-aidance en oncologie ?

La pair-aidance consiste à proposer à une personne touchée par un cancer un échange avec quelqu'un ayant vécu une expérience de santé similaire. Elle repose sur l'écoute, le partage d'expérience et l'orientation vers des ressources adaptées, sans se substituer au suivi médical.

Quelle différence entre un pair-aidant et un patient partenaire ?

Les deux termes sont parfois employés ensemble, mais leurs rôles peuvent différer selon le contexte. Un patient partenaire peut notamment contribuer à des projets hospitaliers, à l'amélioration des parcours de soins ou à des travaux de recherche. Le pair-aidant intervient plus spécifiquement dans l'accompagnement d'autres personnes à partir de son expérience vécue.

Peut-on échanger avec un patient partenaire dès l'annonce d'un cancer ?

Oui. La pair-aidance peut être proposée dès le diagnostic et à différentes étapes du parcours, selon les besoins et les souhaits du patient. Il n'est pas nécessaire d'attendre une difficulté particulière pour envisager cet accompagnement.

Comment prendre rendez-vous avec un patient partenaire pour un cancer du rein ou de la prostate ?

Le programme développé par TOMO avec A.R.Tu.R. et CerHom permet aux personnes concernées de prendre rendez-vous gratuitement avec un patient partenaire formé. Les échanges peuvent notamment se dérouler à distance, par téléphone ou en visioconférence, dans un cadre confidentiel.

Cancer du rein ou de la prostate : échanger avec un patient partenaire


Vous êtes concerné par un cancer du rein ou de la prostate, ou vous accompagnez un proche ?

TOMO propose, en collaboration avec les associations A.R.Tu.R. et CerHom, un programme de pair-aidance financé par Ipsen.

Ce programme permet d'échanger gratuitement avec un patient partenaire formé, pour partager ses questions et son expérience dans un cadre confidentiel.
La pair-aidance constitue un accompagnement complémentaire. Elle ne remplace pas le suivi médical ni les conseils des professionnels de santé.

À propos de cet article


Cet article restitue les principaux enseignements du webinaire « La pair-aidance en oncologie : quelle place dans l'accompagnement des patients ? », organisé le 29 septembre 2026 par TOMO, en collaboration avec A.R.Tu.R. et CerHom, dans le cadre d'un programme financé par Ipsen.
Photo de Candice Salomé

Écrit par Candice Salomé – Directrice Marketing chez Tomo



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